21.09.2007

Pour qui a 20 ans

f104c4f8d8d69348096ed652c0410287.jpgPlutôt que de gloser, que nous dit l'histoire ?

Les seuls succès électoraux des contre-révolutionnaires, en France, nous les devons à des peurs populaires: réactions provincialistes, principalement. Et ce ne fut pas suffisant.

Le succès, relatif, de l'Action Française ? Un discours populiste, simpliste, particulièrement violent, au service d'un programme autrement plus difficile d'accès.

A la même époque, en Allemagne, la Konservative Revolution n'avait aucune chance de parvenir au pouvoir sous Weimar. Trop authentique, trop digne, trop radicale - trop peu extrémiste. Le national-socialisme, qui savait effectivement se mettre au niveau des citoyens... oui.

L'Allemagne disposait de centaines de hauts fonctionnaires, révolutionnaires-conservateurs, pour se relever. Combien en avons-nous ? Elle disposait d'une armée, la meilleure d'Europe, la meilleure du monde. La jeunesse allemande s'est engagée dans les Freikorps, et l'Europe leur doit beaucoup. A tort ou a raison, elle s'est battue, elle fut capable de faire la guerre à tout le monde, comme dirait un de nos écrivains. Quelques milliers se sont battus dans les pays Baltes, pour l'Allemagne, pour l'Europe. Et bien avant cela, cette jeunesse était morte en chantant, à Langemarck, comme la nôtre.

La jeune Italie défilait dans Rome. Elle débarquait dans les villages et corrigeait ce qui devait être corrigé - avec de tristes excès -, elle faisait sauter les locaux communistes, elle était fière. Elle était digne de l'histoire. Elle vivait.

Les camelots du Roi n'étaient pas différents, qui bastonnaient du métèque. Et alors ? Il le fallait. Etait-ce digne ? Non, peut-être pas. Il le fallait, et ils vivaient, c'est tout.

Ou est notre jeunesse ? Ou est-elle ? Elle régresse et s'en amuse. Que nous importe d'avoir 10%, 20, 30% de jeunes gens valables, si ce sont de simples attentistes, de petits besogneux ? Ce sont des minables. Il y avait quelques dizaines de jeunes identitaires à Rome, seulement quelques dizaines, devant l'Arc élevé par le Sénat païen au chrétien Constantin. Ce nombre est dérisoire, mais ces jeunes gens sont notre seule jeunesse, et elle mérite plus que notre respect. Sur des millions, quelques dizaines seulement pour se déplacer. Cela n'a rien à voir avec une mauvaise communication des identitaires, cela n'a d'autre explication que notre décadence. Nous sommes faibles, notre jeunesse est faible, et elle aime sa faiblesse.

Il nous fallu une guerre pour revenir au pouvoir, directement ou indirectement, effectivement ou fictivement - peu importe ici les détails. La guerre également, pour nous disperser, opposer ceux qui finalement, partageaient souvent - quoiqu'on en dise - la même vision du monde. Et ensuite ? De Gaulle, du fait d'un contexte tout à fait particulier.

Et après ? Après, rien. Des combats de groupuscules. Nobles souvent, avec des martyrs. Après l'OAS, le néant. Qui se souvient de Bastien-Thiry, de Jean de Brem ? Tout le monde s'en moque. Ce sont des fous, des idiots, des passéistes, des fanatiques; il faut les oublier. Voila ce que pense la jeunesse. Elle ne sait rien, et elle ne veut rien savoir.

Le FN ? Ah, oui, le FN ! 20%. Là encore, réaction provincialiste captée par un discours populiste en dessous de la ceinture. Indigne, discours de sous-hommes, pour les sous-hommes. J'ai milité pour le Front il y a peu, ça ne change rien.

La Droite est incapable d'approcher du pouvoir, dans un régime qui, par définition, s'est instauré contre elle. Revenons aux fondamentaux. A moins de subvertir la démocratie, de se souiller, et finalement, de cesser d'être de Droite. Être de droite, c'est être un vaincu de l'histoire, et ça n'a jamais été plus vrai.

Nous ne sommes pas modernes, réalistes, ou je ne sais quelle autre saloperie. Nous sommes réactionnaires, de nature. Le peuple, lui, est conservateur (je vois Jean-Luc tiquer, mais qu'il me pardonne cette simplification du vocabulaire). Ne l'intéresse que la préservation de son capital, depuis qu'il peut y prétendre. Le peuple qui, d'ailleurs, n'existe plus.

Tout ce que nous prônons s'oppose au sens de l'histoire, à ceci près que nous avons troqué nos balles pour des confettis. Ceux qui méprisent le fascisme n'ont rien compris. A rien. Je ne suis pas fasciste. Je reconnais la grandeur de la tentative, je regarde la tête des jeunes camelots, des jeunes italiens, des jeunes allemands, des jeunes roumains d'alors; je compare. Je les admire. Et maintenant ? Personne ne veut comprendre, n'accepte la lucidité. Les idées n'importent pas, les hommes, seuls, importent. Commençons par là.

Nous sommes porteurs d'un message que la masse ne peut pas recevoir. Pourquoi ? Parce que nous ne vivons pas dans la même humanité. C'est aussi dramatique que cela. Nos idées sont en fait la formulation de besoins existentiels: nous ne sommes pas des idéologues, nous sommes des vivants. Nous avons besoin d'un cadre identitaire (qu'il s'agisse de la région, de la Nation, peu importe ici), d'un Ciel au dessus de nos têtes (peu importe là aussi, ce que l'on y met) et d'une Terre sous nos pieds, d'un passé derrière nous (toujours présent, en nous). Nous avons besoin de modèles, de formes, d'objectifs supérieurs, tout simplement, nous avons besoin de sens. La Révolution fut pour nous une Chute dans la politique. On nous oblige à défendre rationnellement ce qui précède la pensée. On nous oblige à défendre rationnellement, qu'on l'accepte ou non, une hiérarchie des idées, qui est aussi hiérarchie des hommes; une hiérarchie qui n'est pas défendable auprès de tous. Pourquoi ? Parce que chaque homme raisonne avec ses propres possibilités, je veux dire, en fonction de ce qu'il est, au fond de lui. Et il y a des artistes, des soldats, des esclaves, des maîtres, des révolutionnaires, des marginaux, des travailleurs, il y a une infinité de types. Que comprend le consommateur, à celui qui parle du Christ ? Rien, il n'y comprend rien. Mais le croyant a pourtant besoin d'un ordre social autre, d'une vision autre au sommet de l'Etat. Alors que fait-il ? Il fait la révolution, ou il crève. Il a essayé, et maintenant il crève. On ne peut convaincre un imbécile à qui on donne la possibilité de dominer, qu'il est anormal qu'il domine, et qu'il doit céder la place à celui qu'il limite. On ne fait pas comprendre à un consommateur qu'il y a quelque chose au-dessus de la matière.

Pensez-vous vraiment que tout cela intéresse la masse ? Non. Tout simplement parce qu'elle ne peut pas le vivre, donc le comprendre. Il ne s'agit pas d'être d'accord avec nous, dans un premier temps, mais d'avoir nos besoins. Il se trouve que le capitalisme est vainqueur. Notre histoire politique se résume à une série de défaites.

Nous ne sommes pas populaires pour une bonne raison. Nos besoins sont ceux d'hommes et de femmes plus épargnés que le reste de la population par la modernité. Maurras n'était pas populaire, aucunement, mais il savait être populiste, à sa manière. Ou bien, clairement, nous adoptons un discours ethniciste, et il y a là toute une subtilité tactique à développer, en sachant où cela nous conduira peut-être (à des conséquences bien plus intenses qu'un simple résultat électoral), ou bien nous disparaissons.

Finissons-en avec l'emphase. Sauver la France ? Oui, et ? Concrètement, il faut que l'invasion cesse, il faut décoloniser le continent européen. Il faut mettre à terre la société de consommation, en finir avec la déchéance. Autrement dit, il faut redevenir une élite, chacun à sa façon doit se dépasser. Certains ne le veulent pas ? Je dis qu'ils n'ont pas le choix. Je suis devenu ce que je suis - un salaud ou un fou pour certains, je l'accepte - parce que je refuse de m'abaisser à parler comme un métèque, à m'agiter sur place sans chercher la moindre vraie liberté, à me camer à la sexualité insipide (ou tout autre moyen de compensation), à m'habiller comme un singe intelligent ou un petit bourgeois incapable de se donner une forme. Je veux plus, point barre. Et les Anciens avaient plus. Et tous ceux qui tentèrent de faire revivre les Anciens, avaient plus. Voulez-vous que vos gamins soient de véritables débiles ? Plutôt se tirer une balle, être maître de sa vie et le prouver. Tout est fait, dans ce monde, pour qu'un tel scénario catastrophe se réalise: il suffit de regarder les gens, dans n'importe quel centre-ville, pour voir que ce n'est pas ici l'extrémisme qui parle, mais la lucidité.

Il n'y a pas de solution ? Les derniers vieux romains, lors de la prise de Rome par Alaric, n'en avaient pas non plus. Nous sommes dans la même situation. En fait, notre situation est encore pire. Toutes ces discussions 'stratégiques' n'ont aucun sens. Aucun. La seule stratégie a adopter est populiste, certainement pas populaire. Le peuple a surtout besoin de mourir de faim pour retrouver le sens des réalités.

Que voulez-vous ? Que nous menions une vie de blatte ? Que nous menions tous une vie de sous-homme ? Tout cela, en attendant l'homme providentiel, le Sursaut, le Grand Soir, l'Aurore ? Le seul espoir, c'est nous, aidés par le pourrissement de la situation. C'est nous, si nous acceptons de regarder la vérité en face. Jeanne sauva la France au nom du Christ, parce qu'il y avait la France, et parce que l'on connaissait encore le nom de Christ.

Que sont ces discussions ? Vaines, irréalistes. Faiblesse, idiotie. Des gamins qui jouent à la marelle. Bien sur, je sais ce que l'on me dira: extrémisme, impolitisme, folie. Réponse facile, minable, sans intérêt, voila ce que j'en pense. Si nous sommes ici, tous, c'est que quelque chose en nous reste du vieux monde, du vrai monde. C'est la seule chose qui importe. Reste à en tirer toutes les conclusions. Et pour qui a 20 ans, il n'y a pas à les discuter; devenir maître de soi, avant d'être maîtres des peuples.

12.08.2007

Symétrie du monde

132d8af916d4de4154347dd4c38f10a3.jpg 

Le combat pour assurer l'avènement de ma domination. Ma lutte préfigure, elle est le dessin préparatoire, l'émergence à grands traits d'une forme de vie supérieure, d'un pur esprit vivant en un tumulte à la surface de la chair. Mes ordres sont un appel au Suzerain, je ne désire, je ne veux que cela; être dépassé. Nous sommes les proies d'un futur que nous exigeons de nos guerres, de notre rencontre avec Elle.

Et cela parce que La femme est l’apogée du Verbe. Elle est un livre sacré charnel, tout fait de parchemins soigneusement pliés, comme tant de faces qui s’opposent les unes aux autres tout en s’épousant dans le silence des mots que l’on ne prononce pas, que l’on ne peut pas lire. Elle ne les montre pas, pas à tout le monde, et seulement lorsqu’elle est certaine d’emporter l’homme dans l’entremise de ses mains de papier, de ses frémissements de vérité essentielle, de vérité cristalline-opaque élégamment ponctuée par les battements du coeur. C’est là le secret qu’elle partage avec les esprits incarnés et l’éther, qui parcoure le long de ses nerfs les frontières de son être sensible, pour former tout le long de cette confidence sur la beauté du monde et l’existence des dieux, un subtil sentier de lumière. Elle est l’apogée du Verbe, parce qu’il ne peut être que prononcé avec douceur, aux seuls hommes touchés par la grâce d’une mission, parce qu’il ne peut être que par le murmure et la confiance, que dans la beauté illimitée qui communie dans l’évidence discrète avec l’Après, qu’elle vit déjà maintenant.

Tonnerre mécanique contre infantile vivacité de sa chair. Ils tombent pour Elle. Pour le double abouti-dissimulé de l’Unique, pour la main douce et soignée sous le gant de Lui, l’élévation sur-visible qui se baigne dans l’écume d’une chevelure douloureuse. Qui tire maladroitement les nœuds de ses pensées pour bloquer le passage aux visiteurs hâtifs, aux vandales d’un amour temporaire et copié comme la clef de l’immortalité non méritée. Fer contre le fer, fer contre la chair. Mélange des pensées par éclatement des crânes. Ils tombent par Lui, Il survit pour Elle. Ils tombent dans la poudre qui gonfle les poumons pour les transformer en alcôves emmurées, ils tombent dans la chaleur qui lèche la corde pour tout faire s’ébranler, s’essouffler, s’étouffer. Périr.

Un dernier souffle, un dernier espoir, pour l’embaumement dans le passage instantané de la vie à la mort, de la mort à la vraie-vie. Un dernier souffle, rien qu’une bouffée de Jasmin dans les corps qui s’enflamment et meurent par la poussière, comme l’Idéal par le Nihil. Poudre noire, senteur de Jasmin. Mort, et vie. Elle émane de Lui en un halo de survie, le périmètre de la défense ultime, le dernier carré de l’Humanité des hommes libres. Elle émane de l’homme-sous-le-gant, de Celle derrière l’élévation sur-visible. Roulement des tambours. Pas de charge. Il les protège de l’Amour au parfum de Jasmin, il se fait l’Unique unifié qui déplie le grand « T ». Ils tombent, dans la douceur des draps, dans sa beauté de Jasmin, qui lentement, dissipe le nuage noir. Et se lève le Soleil.

05.08.2007

Auroral

« Si l’on en croit les doctes, les mythes ne se narrent qu’à l’enclenchement de l’étape Genèse, du carreau dans l’arbalète qui frémit à mesure, prenant le temps de le ficher en elle pour le projeter au loin de sa sphère, de le transcender pour démultiplier la puissance. Un travail long, méthodique, épuisant ; et tout cela pourtant, à l’épicentre de la fureur, très précisément dans son cœur tapissé d’étoffes pourpres. Et tout cela ; pour un éclat de douce fulgurance qui se fait feu dans la chair en un arc de sang, électrique, et magnétique. Il attire à lui les âmes justes, faites de velour-acier, comme le mythe est le pôle, et la mort sa boussole. Et c’est cela je crois, l’acte d’amour. Sa grande déclaration de guerre, la vaste convergence.
c4db3a9587d8ee5deaa7a3d21050c46c.jpg


Le tir provoque le recul, isole l’homme de l’instant de vraie vie pour l’y incorporer, dans les premières secondes du jaillissement des flammes qui se joignent en un globe de tremblements dont l’épicentre est céleste, intérieur. Il est fils de la sphère solaire qui s’élève de la terre et la rejoint, pour la grande convergence des mondes unifiés dans cette bulle de temps, figée dans l’instant de passage invisible et spectaculaire, à mesure qu’Histoire s’écrie. Que prend formes et corps la vraie littérature, qu’elle se fait évidente sous les frêles traits de cet homme, qui marchait jadis à tâtons ; et là, debout, puissant, aimé et victorieux. L’instant du Contact, de la rencontre suprême du bras tendu des dieux et de l’incarnation de l’Aigle Unique, la fusion de l’Immortel et de l’Instant en la mémoire des peuples qui s’étend gracieusement dans les cieux, et dans ce qu’il nommait son cœur. A elle, le sien, car c’était là même chose. Car c’était là l’union des doubles, la fin d’une quête, et le début, d’unicité.

Lentement, Il retombe dans sa forme plurielle en une soierie d’éternité sur les mortels, et pare leurs immuables passions d’un luxe simple, à la lumière de cette comète offerte à l’Homme en l’avatar de Volonté, ce phare des voies que l’on fonde pour mener à l’Empire. Et qui n’était que sentiments. Lentement, le temps à l’Humanité d’en prendre mesure, de s’éveiller à la grandeur des aubes rouges qui s’élèvent en l’honneur des dieux nouveaux et héros sanctifiés, dans la douceur de leur lente découverte, lorsque s’écarte le voile protecteur, et que s’annonce l’avenir. Dans le creux de son esprit fait chair, dans le creux de ce qui reste immaculé, dans le creux de ce qui devient la source de tout désir.

Mais de ces temps lointains retombés dans l’oubli ; j’ai préservé la poudre, et trouvé le Jasmin. »

20.07.2007

Il reconnaît ce qui survivra

9157961a2d81b1ac6c207878cb7ee5b6.jpg

« Nous vivons pour léguer un héritage.

Celui qui ne croit pas que nous remplissons le but de notre existence dans le court laps de temps, durant la minute qui s’écoule, celui-là est conservateur.

Il se dit que notre vie ne suffit pas pour créer les choses que veulent atteindre l’esprit, la volonté, la force de résolution d’un homme. Il voit qu’en tant qu’hommes nés à une époque déterminée, nous ne faisons que poursuivre la tâche commencée par d’autres et que là où nous nous arrêterons, d’autres la reprendront. Il voit que l’individu passe, mais que l’ensemble des rapports subsiste. Il voit de longues suites de générations au service d’une idée unique. Et il voit les nations occupées à construire leur histoire.

Ainsi le conservateur se rend compte de tout ce qui est fugitif, caduc et sans stabilité, mais aussi de ce qui conserve et de ce qui est digne d’être conservé. Il reconnaît la puissance médiatrice qui transmet le passé à l’avenir. Au milieu de ce qui est, il reconnaît ce qui restera. Il reconnaît ce qui survivra.

Et sa façon de voir large et spacieuse dépasse le point de vue mesquin et temporel ».

Arthur Moeller van den Bruck, Le Troisième Empire [1925], préface de Thierry Maulnier, Paris, Sorlot, 2e éd. 1981, p. 256-257.

 

Pour découvrir l'auteur, on se reportera au texte que lui consacre Alain de Benoist.

19.07.2007

Instant

L'ordre tonne silencieusement de la tendresse d'une beauté particulière, et s'impose dans la douceur de l'évidence. Comme l'on observe l'éclair d'abord, et l'on entend le tonnerre ensuite. Il est, et le départ du Feu en l'homme, et la Genèse du Verbe. Et nous ne vivons que parce qu'il est, beauté et spectateur dans l'ordre d'apparition au temps de l'unification; parce qu'il revêt le monde dual d'un instant d'unité par son omniprésence.

Et sa grande force, ce qui fait qu'elle seule m'ouvre primitivement à l'avant goût d'universel, instantanément mais étroitement, c'est cette concentration supérieure de l'essence divine en un instant donné dont le plus jeune se doit d'avoir le culte, ou je ne sais, sa capacité de révélation sous les lueurs de mes dispositions intérieures si rarement favorables. Et cela se déroule comme la rencontre de deux intériorités surchauffées dans le calme et le ressenti en devenir, car c'est là leur trait propre et permanent, libérées de tout obstacle illusoirement défensif par entremise de ce rituel contemplatif unique et unilatéral; par la contemplation d'une jeune femme qui dort. De la beauté particulière, de la voie vers l'universel. Si Dieu se loge en un être de chair pour imposer l'évidence et permettre le progressif apprentissage de sa perfection par l'usage de nos sens, pour faire vivre ici bas l'amour total et vrai qui se déploie comme la Parole introductive du Royaume sur Terre et dans les Cieux, ou si le Seigneur s'est inscrit dès l'acte créateur derrière le voile et l'interface de la chair incarnée et définie qui reconduit à Lui, cela je ne peux qu'y réfléchir. Et ce même si mon intuition, mon appréhension de cette perfection de l'instant et dans celui-ci, appuie l'idée de la part divine de cette humanité individuelle plus exprimée, plus sensible, probablement plus forte qu'au sein de l'Humanité; cette masse d'homme.

68fc861e84886895350d9847c9e0694f.jpg

Mais au delà de la détonation, de la contemplation superficielle, de l'imprégnation d'une évidence, mes premières expériences mystiques volontaires, recherchées, ou ce que je peux alors tenter de nommer ainsi...

Un repli en soi, comme un détachement de l'esprit et du corps auparavant plaqués l'un à l'autre, qui se traduit par un affaissement du corps sur lui même durant la tentative de retour à la source.

Le gain d'une distance par rapport à son corps, d'une distance par rapport au monde, qui loin de me couper de lui, me l'offre à découvrir à travers un nouveau regard, c'est à dire à la fois différent de tous les autres regards, et chaque fois neuf, sans l'effet de l'habitude; un regard d'enfant, de philosophe, ou dirais-je une vision claire, purifiée par l'impression de larmes spirituelles. Il est comme né dans cette zone de séparation entre l'esprit et le corps, du moins entre une force intérieure et une couche extérieure.

L'établissement d'un point d'équilibre hors de toutes les frictions ordinaires, comme la position de respect mutuel et de juste place de l'esprit, du corps, et du monde, qui sont dans une communion permanente tout en étant clairement différenciés.

L'impression d'une transformation physique subtile mais sensible du visage traduite par un relâchement et un épanouissement, qui se voit probablement renforcée par le nouveau regard, et dont le facteur premier peut être l'adoption d'un nouveau rapport au monde qui prend sa source dans la distance née du repli en soi, et modifie les réactions nerveuses, puisque les nécessités.

Une paix intérieure qui ne passe pas par la disparition ou la négation des problèmes objectifs et des blessures, mais par leur dé-concentration d'un point d'abîme, le dénouement d'un nœud de douleur. La Paix, qui semble toujours devoir se dissiper...

23.06.2007

L'Humanité

« L'Humanité n'est pas un concept politique […]. L'Humanité des doctrines fondées sur le Droit naturel, libérales et individualistes, est une construction sociale idéale de caractère universel, c-à-d. englobant tous les hommes de la terre (...), qui ne sera pas réalisée avant que ne soit éliminée l'éventualité effective du combat et que soit rendu impossible tout regroupement en amis et ennemis. Cette société universelle ne connaîtrait plus de peuples (...) Le concept d'Humanité est un instrument idéologique particulièrement utile aux expansions impérialistes, et sous sa forme éthique et humanitaire, il est un véhicule spécifique de l'impérialisme économique (...) Étant donné qu'un nom aussi sublime entraîne certaines conséquences pour celui qui le porte, le fait de s'attribuer ce nom d'Humanité, de l'invoquer et de le monopoliser, se saurait que manifester une prétention effrayante à faire refuser à l'ennemi sa qualité d’être humain, à la faire déclarer hors la loi et hors l'Humanité et partant à pousser la guerre jusqu'aux limites extrêmes de l'humain ».

 

Carl Schmitt
60df9038e55b9aa2e7f1f8fcf5358dde.jpg

Parler d’Humanité revient à refuser que l'on s'intéresse à notre avenir, à notre réalité, qui est l’Européanité. Ce ne peut être qu’une régression vers l’Indéterminé ; autrement dit pour vous et moi le meilleur moyen de ne jamais être en tant que personnes, de ne jamais vivre et faire vivre dans des sociétés véritablement organisées.

*

L’Humanité, ce qui unit vulgairement toutes les cultures et les peuples, c’est le ventre, la libido, la naissance et la mort. Tout le reste ne concerne plus que des groupes restreints au sein de cette Humanité qui par là même, perd immédiatement toute valeur. Il existe au sein de cette Humanité des groupes raciaux, distincts par leurs caractéristiques physiques, leurs groupes sanguins, leurs QI et leur niveau d’adaptation à tel ou tel milieu, distincts encore par leur vulnérabilité à telle ou telle maladie. Le simple point de vue biologique, qui participe à priori à unir conceptuellement les hommes, ne débouche en fait que sur l’idée d’un pluriversum constitué de communautés humaines plus ou moins radicalement liées à un Sol particulier (Une Terre – Un Peuple). Le concept d’humain n’a donc une valeur que toute relative, qui n’a en tout cas aucune légitimité supérieure sur le plan politique, et ne peut qu’être l’arme d’une idéologie bien précise, à proprement parler contre nature. Une idéologie qui postule l'identité absolue des peuples afin de la réaliser, une sorte de communisme du XXIe siècle faisant directement appel à l'idée des types humains sans même passer par l'intermédiaire d'une rhétorique classiste. Une idéologie qui postule l'unité du genre humain pour mieux mener l'extermination des types porteurs de la culture et du sens. 

C’est sur le plan de la culture que doit principalement porter notre questionnement, sur ce qui, en somme, semble être le propre de l’homme. L’homme est un être de culture, et en cela non plus, il n’y a pas d’Humanité, mais une série de communautés qui sont donc à la fois ethniques et culturelles. La culture est le diviseur par excellence, ce qui distingue avec autant d’évidence que le corps l’Africain de l’Européen, le Japonais du Juif. Des forces distinctes, et souvent irréductibles, antagonistes, se côtoient et s’affrontent pour le respect sur une ère donnée de telle ou telle conception culturelle, plus fortement encore que pour le respect de telle ou telle présence raciale. Reconnaître que l’homme n’est pas seulement bios, mais aussi culture, c’est reconnaître définitivement que l’Humanité n’existe pas, ou du moins qu’elle est plurielle et en cela relative. Nous sommes humains avant d’être des Européens sur le plan biologique, encore que cela soit contestable, mais nous sommes d’abord des Européens sur le plan culturel – autrement dit, sur un plan supérieur - celui de notre humanité totale, réelle. Bien entendu, la culture ne correspond pas exactement au groupe racial, mais il est tout à fait évident que cette production est en partie le fait de notre patrimoine biologique, directement ou indirectement (Un Sang – Une Esthétique ; Une Terre – Une vision du Sacré). Quant à la question de l’adoption d’une culture d’origine allogène par un peuple, elle est dérisoire sur le plan de l’argumentation politique pour trois raisons : la première est que cette adoption est généralement le fait d’un échec (défaite militaire, décadence intérieure), la seconde est qu’elle débouche sur un syncrétisme (c’est ainsi que le judaïsme universalisé a donné naissance au catholicisme et son culte des Saints, des anciennes sources, à ses églises dans des arbres, …), et la troisième que l’ampleur des nouvelles Grandes Invasions est telle qu'elles constituent essentiellement un mouvement anti-culturel, non de transformation mais de destruction pure et simple. 

*

Le seul type d’individu qui convienne à la notion d’Humanité, c’est l’atome sans race incapable d'être porteur de la moindre esthétique parce qu’il nie lui-même l’évidence de son rapport immédiat au Beau et au Laid (« l’homme est la mesure de toute chose », et plus précisément dans cet aphorisme de Protagoras, l’homme grec : bien compris ce précepte se décline autant de fois qu’il y a de peuples), sans terre et donc sans conception saine du sacré, sans tradition et ne pouvant de fait vivre que sur le plan strictement individuel, par définition hors de l’histoire (Le Présent horizon indépassable de l’existence). Sur le plan de l’organisation politique, cet individu ne peut vivre qu’au sein d’un Etat Mondial, autrement dit d’une « fiction-organisme ». Il est parfaitement évident, choquant même, que tout cela n’est qu’un plan mondial de domination devenu puissance abstraite qui s’est emparé de populations décadentes ou conquises par la force, dont il ne s’agit pas ici de discuter de la paternité, mais qui est essentiellement porté à l’échelle planétaire par les Etats-Unis d’Amérique après l'avoir été par la France révolutionnaire à l’échelle du continent européen. La force avec laquelle est idéologisée avec ce décalage temporel porteur d’un paradoxe alarmant la notion d’Humanité (L’Humanité existe, mais nous venons pour la faire exister) montre qu’elle est tout aussi abstraite que la Race Aryenne, autrement dit qu’elle est un mensonge, purement et simplement, au profit de puissances étrangères et d’esprits malades.

Mais cette maladie de l’esprit n’est pas seulement le fait d’une autonomie excessive de la Raison, elle est la résultante d’un déséquilibre des fonctions, d’abord au sein des sociétés, puis dans l’organisme même de tous les individus. La croisade pour l’Humanité, c'est-à-dire concrètement la croisade contre l’homme réel, advient lorsque les fonctions corporelles s’absolutisent (et il s’agit encore des fonctions les plus basses de ce plan) au point d’asservir totalement une Raison imbue d’elle-même à ses objectifs d’accumulation de petites satisfactions physiques ; menant ainsi une unification-collectivisation par le bios inférieur. Cette maladie n'est pas autre chose, sur le plan politique, que la démocratie libérale. Autrement dit, l’Humanité n’est pas l’ensemble des hommes, mais bien une masse, une addition de masses d’atomes s’identifiant uniquement aux fonctions biologiques les moins « humaines », c’est-à-dire coupées de toute espèce de culture : l’Humanité n’est que l’involution de l’homme, non au stade de l’animal (puisque nous appartenons de toute façon à la totalité de la Nature), mais à celui d’un moins-que-l’homme. Ou pour mieux dire, si le terme n’était pas devenu si connoté, au stade du sous-homme ; celui que Nietzsche dénommait le dernier homme.

*

Lorsque l’on nous accuse de manquer d’humanité, d’être « moins humains que », il est donc bon de songer que pour la grande majorité des individus de notre société-monde en avènement, « humanité » s’identifie à « primitivisme ». Immanquablement, celui qui se tient droit, qui se fixe comme objectif d’être et demeurer, ne pourra de plus en plus apparaître que comme un adversaire mortel, un organisme hors de l’Humanité, ne méritant à ce titre aucune espèce de considération morale. En demeurant libres, nous nous heurterons de plus en plus souvent, de plus en plus violemment, aux dégénérés qui se glorifient de leur « liberté » dans une société « décomplexée » alors qu’il ne s’agit que de soumission à l’infra-personnel et de laisser-aller, d’incapacité de force.

07.06.2007

Amour et Sacrifice - Sudistes et Spartiates

19392f9f90935c8273928795d3399ac7.jpg

Le jour où l'individu apprend qu'il est condamné, ce jour-là, il sait vivre, il sait aimer.

Ce jour-là, il prend conscience du Temps.

L'Amour, pulsion de mort. Le Sacrifice, base de l'immortalité, base du Politique.

Un gouvernement veille à la survie, à l'érection d'un simple socle en Civilisation - il nait d'une méditation historique

Une élite politique ne peut être qu'une élite de soldats, mieux, toute aristocratie de gouvernement ne peut être que militante - faite de ceux qui combattent.

Amour et Sacrifice, non pas suicide mais Sacrifice, sont les qualités primordiales de toute élite.

L'Institution préserve le peuple-dans-l'Histoire des excès de l'Amour.

La Communauté de gouvernement préserve ses membres de la Tentation du Néant.

*

Toute élite véritable est sudiste, tout Etat véritable est spartiate - « main de velours dans un gant de fer » pour citer Maurice Bardèche.

11.05.2007

Destin

Beaucoup d'efforts, de déceptions, parfois de souffrances. Et pour quel objectif, pour quel espoir ? L'avenir sera guerre ou esclavage. Ou fuite - repli vers d'autres terres, colonisation d'un sol, amour de ma compagne et mes enfants. Amour et prospérité de mon sang. Participation à un projet plus vaste, y compris, si plus rien ne nous reste, au service d'un autre peuple demeuré digne. Un peuple d'hommes debout.
*
Car tout cela précisément, n'a rien d'un choix. Sinon celui de la force ou de la faiblesse pour qui peut plus, celui de l'affirmation de sa forme intérieure, de son type ou de son reniement. L'Histoire ne naît pas des débats d'idées, et sans doute, il faut compter sur l'Elémentaire et les puissances plus que sur les hommes pour assurer qu'elle soit encore ouverte. Que choisit-on ? De s'assumer ou de se plier, encore que Juda se soit contenté de jouer son rôle. Le traître non plus ne choisit pas, pas toujours. Les hommes n'agissent que par intérêt, ils n'agissent pour une cause qu'en tant qu'ils identifient cette cause à leur essence.
*
026d6fbaeb1d8b2eef794c25ae2a30b8.jpgLutte des classes, lutte des idéologies, lutte des cultures, luttes des peuples, l'Histoire se résume aux rapports entre les identités, et principalement à leur lutte. Leur lutte à mort dès lors que les prétentions croissent et que l'espace se restreint. Le déconstructionisme ambiant lui-même tient du combat identitaire: la tentative d'extermination par un type humain particulier, d'un autre type humain. Car le multiculturalisme est tout sauf une idée. La théorie de la libre sélection des traditions et des repères n'est sécrétée qu'à posteriori, pour légitimer un penchant naturel qui ne tient pas du choix. Pour sacraliser la simple expression d'un organisme, un organisme faible; ce demos auquel les hiérarchies donnent un cadre et une forme. Nous assistons à l'affrontement mortel entre une humanité dont le propre est de ne pouvoir s'identifier à rien, de ne produire aucune haute culture, et pour qui le multiculturalisme n'est que la traduction intellectuelle d'une nécessité vitale - et le camp de ceux qui sont ou aspirent à être.
*
Il ne s'agit pas d'une lutte idéologique, ou bien secondairement, par extension, mais d'abord d'une lutte des types au sein d'une même race. Entre ceux, d'un côté, inaptes à assumer leur Européanité, et ceux de l'autre, tout aussi inaptes, mais cette fois à renoncer à cette identité - car il en est à qui la médiocrité coûte. Non que les premiers soient dans ce cas supérieurs; ils sont bien au contraire de ceux qui, de tout temps, n'ont jamais mérité aucun droit d'expression dans les affaires de la Cité. La guerre des cultures n'est qu'une conséquence de cet affrontement interne, rendu possible par l'éloigement de la source de la Tradition, rendu possible par la révolte des 3e et 4e Etats - ceux de la Masse. Et en ce sens, la guerre des peuples, ou plus exactement des populations, n'est pas le fait d'une quelconque haine du camp identitaire, mais bien une extension du domaine de la lutte hors du simple cadre de notre sang et de notre Civilisation. Une extension souhaitée, théorisée, par le type humain en révolte du demos, de l'informe, contre tout ce qui est encore différencié. Contre ce qui en Europe peut encore se dire Européen. Et seul l'inconscience de constituer un type, c'est à dire d'être porteur d'une essence, de quelque chose qui détermine et échappe au choix, permet la naïveté des discours légitimant la colonisation de l'Europe. 
*
Je conçois que ces rapides considérations puissent apparaître comme quelque chose de monstrueux aux yeux de nombreux européens. Monstrueux comme une pure abstraction extirpée de l'esprit pour être formulée et portée dans l'existence, comme quelque chose de tout simplement inconcevable. Mais je dois dire qu'il s'agit d'abord, et avant tout, d'une intuition - et j'ose penser qu'elle doit être laissée aussi libre qu'il est possible. L'intuition est l'instinct de l'esprit, elle surgit d'une profondeur, et cette profondeur ne peut être rien d'autre que la source, un espace incorruptible. Ceux qui sont les plus choqués par le propos comprendront tout simplement, a priori, instinctivement eux aussi, qu'il est un danger pour leur domination dans le monde. Sans souvent avoir l'intelligence nécessaire à la distance, ils attaqueront comme des animaux de la savane protégeant leurs petits. Ils réagiront comme le fait l'homme lorsque l'on touche sans fard à ses facultés vitales, par un élan lui-même vital, animal. Des espèces contre d'autres espèces, des groupes à jamais distincts dans la lutte, une loi universelle. S'il est vrai que la vie de l'esprit puisse entraver ou au contraire décupler les facultés somatiques, il est tout aussi évident que le bios possède sa part d'influence sur tout ce que l'homme est censé produire. N'a-t-on jamais remarqué que cette nouvelle génération d'européens voue une certaine détestation à tout ce qui, dans la tenue, peut inspirer la rigueur d'hommes individués au point qu'ils en recherchent une impersonnalité apparente ? Des organismes et des esprits dégénérés ne pourront jamais supporter le contraste dès lors qu'ils sont ceux d'une majorité de la population - et que le système politique entend précisément tirer sa légitimité d'elle.
*
Mon propos, et je ne nie pas qu'il soit excessivement schématique ainsi succintement exposé, choquera d'abord tout ceux qui ont besoin de l'idée de choix pour supporter leur existence, c'est à dire tous ceux qui cherchent en dehors d'eux même ce qu'ils sont. Il est bien sur inutile de préciser que ceux-ci ne trouveront rien correspondant à leur nature propre, précisément parce qu'ils procèdent par inversion et confusion. Nous ne sommes pas notre existence, comme un navire n'est pas l'océan sur lequel il se meut. Ce fétichisme de l'existence révèle une crainte de l'essence, et cette recherche grotesque de soi hors de soi n'est le plus souvent pas autre chose qu'une fuite. Alors que les populations deviennent apatrides en fuyant la guerre, désertant les régions qui forgèrent âmes et corps, l'existentialiste ne s'habite pas lui-même parce qu'il n'y a rien à habiter: c'est le propre terrifiant d'un grand nombre d'individus - mais sans doute est-ce aussi l'un des traits de la Modernité - de ne pouvoir être autre chose que des apatrides, parce qu'ils n'ont tout simplement aucune forme intérieure. Ils constituent la Masse, un bout de bois vulgaire abîmé par les rochers qui surgissent à la surface du torrent. L'existence est pour eux un flux, très exactement, qui vient les occuper et parvient finalement à constituer ce que le fétichisme contemporain nomme abusivement une personnalité. Mais l'on ne peut pas dire pour autant que ces individus, ces atomes, soient faits par leur existence. Plus surement, ils deviennent l'existence, ils deviennent flux, s'identifient au devenir même, pour s'affaisser à mesure de la mort de leur organisme. C'est cela, qui s'oppose à ce que telle ou telle intuition puisse être partagée.
*
Le choix est sans aucun doute une abstraction rassurante, en remplaçant toute essence par un devenir qui justifie que l'on ne se trouve jamais. Il est le meilleur garant de toute les irresponsabilités, de toutes les anarchies qui se répandent en son nom et en celui de la liberté individuelle. C'est à l'inverse un tempérament viril qui peut seul se résoudre à la découverte de sa forme propre, qui confère une mission pouvant parfaitement s'insérer dans le cadre d'une société organique et hiérarchisée; connaissant l'ordre. Le choix est l'adversaire du sens, il est par essence négativement nihiliste et se complaît dans le flot confus des sensations et actes illusoires - il détache totalement l'individu pour ne lui faire connaître que le présent suspendu. Il est l'attitude d'esprit de tous ceux qui ne peuvent se développer en l'absence d'injonctions venus d'en Haut, et qui n'ont de fait dans la vie d'autres activités que de marcher ou de jouir sur place. Choisir revient à ne participer à rien, de telle sorte que dans le système politique, cette disposition se traduit par un fort penchant collectiviste sensible aux césarismes et aux politiques de la perfusion; quand bien même ce collectivisme est-il atomiste et que la non-perception remplace la terreur. Au contraire, celui qui est dispose d'un point qu'il peut mouvoir dans l'existence afin de naviguer et de trancher en elle: il est comme un parachutiste et non pas comme une feuille morte que le vent ferait virevolter. Deux objets en chute, mais une chute qui pour l'un peut être transcendée, et devenir même un objectif.
*
Parce qu'il ignore totalement la Mort, le choix ignore totalement la Vie. Il ignore tout de la nature tragique de l'Homme à laquelle il trouve cependant une illusion de réponse, à la manière d'une drogue: la suspension du temps, l'assimilation de cet état à la Vie et à la nature de l'Homme lui permettent de nier la réalité même de la Mort, en transformant la Vie elle même en un éternel instant sans aucune signification. Pourtant, tous meurent, et cela n'a rien d'un choix. Cela a tout d'un destin, et l'on ne peut que l'assumer si l'on entend être véritablement humain, si l'on entend véritablement être un peuple - car ce qui vaut sur un plan vaut pour l'autre.
*
Si un Européen entend vivre dignement, s'il entend être selon sa forme intérieure, la première de ses nécessités vitales se nomme Europe. Cela non plus, n'est pas un choix, et si nous nous engageons aujourd'hui dans la défense de la Tradition sur notre continent, ce n'est rien d'autre qu'un ordre impérieux de l'organisme. Une communauté nous est nécessaire, et ceux qui nous combattent sentent que notre renouveau signifierait leur fin; la fin du règne de l'existence au profit d'une Vie pour laquelle ils seraient de pathétiques espèces inadaptées.  

27.04.2007

Elitisme et décadence

L.A. Jerôme Leroy

*

Ce serait quoi je ne sais quoi qui arrive

Longtemps à L.A. encore mon vieil oxymore

magnifique

Quand je vivais dans un présent perpétuel

Celui des rues qui n'en finissaient pas

Alors que j'avais cru qu'on pourrait en finir au

moins

Avec ce corps qui n'en finissait pas non plus

Comme ne finit pas je ne sais quelle utopie

politique

Qui me poursuit

Odeur d'une fille après l'amour

Ô cette chambre flamande où le sexe faisait

mourir le Temps

Ecole définitive

Où le mamelon érigé était l'amer des fins de

journées

En attendant enfin

La fin

La fin du monde évidemment

49fafe256a6cb6ea723dd0a24361052f.jpg

25.04.2007

Sans importance

Fixe-toi dès à présent un modèle et un type que tu suivras, lorsque tu seras seul avec toi-même, et que parmi les hommes tu te trouveras - enseignait Epictète 

 *

e3e966079fd06253a3c3175bab3450e2.jpg

Blessé. Une fois encore, blessé, déçu mais en même temps blasé par la trahison. La trahison, cette rupture du Lien. Mais je commence me semble-t-il à entrevoir, à savoir. Savoir qu'il n'y a pas à en vouloir à un individu - sinon afin de se doter d'une protection psychologique qui devra être dépassée. Car même s'il me fut parfois difficile de supporter l'autorité (et sans doute aussi parce qu'elle me semblait privée de toute ouverture vers le Haut), il m'est toujours apparu que préexiste en toute situation une place pour chacun. Un ordre naturel, une fatalité qui ne peut être que plaisante, et donc un destin. La question de la responsabilité tient donc sans doute, là encore, à une donnée essentielle. Autrement dit, à un type.

Conditionné par son essence, conditionné par son milieu, l'individu de la multitude m'apparaît comme quelque chose de bien relatif - et avec lui, sa responsabilité. Bien sur, il faut appliquer ce principe dès lors que doit être maintenu l'ordre. Il m'importe bien peu de connaître les éventuelles motivations d'un émeutier: écraser l'émeute ne me paraît pas par principe choquant. C'est dans une large mesure le besoin d'ordre qui fixe pour tous la définition de la responsabilité individuelle. La définition unique et donc égalitaire de la responsabilité. C'est une simple mesure d'hygiène sociale, qui nous indique cependant le degré de mécanisation de notre société, autrement dit la perte de son organicité - et derrière elle la décadence qui progresse en son corps. La remise en cause de l'ordre naturel des hommes et des choses.

Faire prendre conscience à chacun de son essence - ou faciliter sa compréhension instinctive, et lui permettre de suivre concrètement son principe directeur, au sein et au service de la collectivité. Connais-toi toi même, comme nous le dit la devise delphique. Et en ce cas, ne pas se mêler dans une approche égalitaire à ceux qui ne sont pas de notre type, dont la mission est autre, mais qui se distinguent surtout par une autre vision du Beau et du Laid, du Bien et du Mal, du Nécessaire et de l'Inutile. Qui se distinguent par un autre rapport au monde.

Le Défenseur et l'Artiste n'ont pas vocation à se comprendre autrement que par l'intellect, et la raison ne sait pas tout embrasser. Elle ment, même pour ceux qui ne se prennent pas au jeu de son hégémonie. Ou sont alors la responsabilité et la trahison ? Il est logique et plus encore naturel, que chacun ressente, pense, formule et agisse conformément à son type et à la Figure qu'il se donne. L'un et l'autre sont simplement fidèles à eux-mêmes, y compris lorsqu'ils ne sont pas fidèles l'un à l'autre. Et de par l'opposition essentielle qui peut d'ailleurs être prise comme trahison fondamentale, il est probable que le terme de fidélité ne puisse finalement rien signifier, ni pour l'un, ni pour l'autre. Ce dernier point dépendra sans doute de la capacité de la caste politique à imprégner tous les individus de son sens féodal.

Il n'y a dès lors aucune raison pour refuser la 'trahison' et laisser la souffrance nous paralyser.

Le premier responsable est un monde qui va jusqu'au bout de l'égalité, qui nous laisse sans réponse et nous expose à tous les risques existentiels - comment ne pas voir qu'il est un mensonge ? Un monde fourvoyé qui postule l'unité du genre humain et se retrouve moralement incapable de trancher sans user d'une hypocrisie qu'il ne peut pas s'avouer. C'est de la reconstruction artificielle d'un ordre mécanique que naissent nos pires blessures. Les pires, parce qu'elles sont normalement évitables. Mais même dans notre monde qui trouve la fin de son organisation dans le chaos, la blessure forge et finalement peut préserver; elle se referme et laisse une chair qui sait reconnaître en frémissant les dangers à venir. C'est le monde moderne qui doit être tenu pour le principal responsable, non les individus - car c'est un monde qui permet que des essences opposées se fréquentent d'une façon précisément irresponsable. Un monde qui laisse la multiplicité des normes émanant de la multiplicité des essences se chevaucher et se mener de sinistres guerres qui ne sont pas même reconnues comme telles. Un monde encore, qui permet à la faiblesse de l'emporter sur la force du Lien, sur la sacralité de l'engagement du Défenseur. 

Si le Défenseur doit se lier à l'Artiste, il sait que c'est à la seule périphérie où en imposant sa toute supériorité. La jouissance et le bonheur ne doivent jamais faire oublier l'absence totale d'égalité; l'absence totale d'importance dès lors que demeure intacte notre éthique, notre éthique soumise à la guerre. Nous sommes beaux et jeunes dans nos uniformes, une simple halte dans une ville d'office conquise. Beaux et jeunes, épuisés par la marche vers notre avenir et celui de notre Idée, épuisés et en halte.

La liberté n'est pas absente de notre route, elle n'est pas comme il pourrait sembler inconciliable avec cette idée de relative irresponsabilité. Elle s'y trouve même au coeur. Tout simplement, la liberté ne se différencie pas de notre destin, collectif et particulier - il n'est pas de liberté véritable hors de soi-même. Elle est l'ordre naturel lui-même, et échappe donc à toute définition unique, sinon sous la forme d'une de ses hypocrisies législatives: c'est toujours à l'élite de payer le plus lourd tribut à la Responsabilité, car elle sait plus souvent que toute autre caste ce qu'elle fait. Mais il est aussi clair qu'elle dispose d'un droit moral qui diffère selon sa cible, car entendons que si l'on condamne, c'est seulement à fin de protéger le particulier concerné et l'ensemble. On est responsable en fonction de son degré de liberté intérieure, et à ce titre, ce qui est dans l'absolu licite pour l'un ne saurait l'être pour l'autre.

Aimer avec distance ceux qui ne sont pas de notre essence, se trouver pour eux toujours bienveillants, ne permettre aucune usurpation.

1